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Hier, le Conseil Municipal de Troyes a été réuni sur une ordre du jour plutôt plat, l'aménagement de l'ilot dit de "la
Bourse du Travail" devant constituer le point
fort de la réunion. Il est une chose assez étonnante, et cela s'est vérifié encore hier, c'est que les élus de la Majorité Municipale ont l'art de passer "à côté des problèmes".
La semaine dernière, déjà, la réunion de la commission consultative du G.I.E du Marché avait montré le décalage entre la réalité, la préoccupation des commerçants de la Halle et l'appréhension du problème par l'adjointe chargé du Commerce. Il a fallu que Pascal Vinot, Président du G.I.E, insiste lourdement pour "donner du temps au temps" et éviter que l'on nous bâcle, au débotté, des modifications structurelles qui demandent, à mon avis: concertations, études et réflexions. Mais il est vrai que quand "on" laisse dormir, plus d'un an, le dossier après "on" est pressé, et "on" fait toutes les erreurs possibles.
Je pourrais en dire autant des travaux de la commission chargé du "Rapport sur les forces et faiblesses du Commerce et de l'Artisanat de proximité", où certains élus et responsables municipaux mènent encore un combat d'arrière-garde sur la mise en place d'un "droit de préemption commercial", au motif qu'il va sauver le commerce Troyen.En réalité, ce qui est intéressant et passionnant dans ce dossier est le constat qui doit être fait, et les conséquences qu'il faudra en tirer. Heureusement, beaucoup l'ont déjà compris.....
Pour la Bourse du Travail, c'est du pareil au même. Après l'échec du dossier monté en 2006, le Maire-adjoint chargé du dossier ne tire aucune leçon du passé, et repart sur les mêmes erreurs.
Ce qui a été étonnant, hier, c'est le détachement qu'a montré François Baroin au regard de ce dossier . Par un mot de soutien, pas une approbation de l'exposé fait par Dominique Boisseau, pas d'engagement de sa part sur la bonne fin du dossier. On dirait que le Maire sait déjà que le dossier est "planté", et qu'il souhaiterait prendre le plus de distance possible avec lui.
C'est classique, en politique, me direz-vous d'envoyer les seconds couteaux en première ligne, et de les abandonner ensuite. On a eu l'exemple: Juppé/Devaquet (sur les universités), puis Chirac/Juppé (sur la Mairie de Paris), puis Chirac/De Villepin (sur le C.P.E), etc.... Là, on risque d'avoir l'exemple Baroin/Boisseau... sur la Bourse du Travail.
Car ce dossier est mal ficelé et incohérent:
- Sur le plan commercial: Les études (très chères) faites à ce sujet ne démontrent rien. Le prestataire recommande l'implantation d'une surface commerciale sans avoir pu chiffrer les flux financiers et marges commerciales des unités alimentaires implantées dans le Bouchon de Champagne.
De plus, on n'arrive pas à connaître les indentions exactes de la Ville qui indique qu'il n'y aura pas de "surface de vente culturelles", alors que certains projets du "traité de concession" qui circulent sous le manteau prévoient: "L'opération réalisée par le concessionnaire ne pourra pas non plus accueillir ni un multi-spécialiste culturel ni une surface de vente alimentaire d'une surface supérieure à 1000 mètres carrés" ( texte littéralement rapporté)
Enfin, la semaine dernière, lors de la Commission de Délégation de Services Publics, le représentant de Troyes Parc Auto a noté dans son rapport que le parking "Victor Hugo" touchait un niveau de saturation. Où, les éventuels clients iront-ils stationner ? Porteront-ils leurs courses des centaines de mètres ? Cela manque de sérieux.
D'ailleurs les opérateurs alimentaires de la place de Troyens jugent le projet "irréaliste".
La Ville de Troyes joue à l'apprenti sorcier avec l'équilibre financier des entreprises desdits opérateurs qu'ils soient de simples commerçants ou des distributeurs.
- Sur le plan technique: Il est prévu un passage traversant qui relierait la Place Jean Jaurès au Boulevard Victor Hugo d'une largeur de 3 m. Comme l'immeuble final va réunir, inévitablement, la Bourse du Travail et les bâtiments à construire sur l'arrière, bien malin celui qui pourra, le moment venu, séparer et individualiser les deux bâtiments. Et l'idée propagée par Monsieur Boisseau selon laquelle "la Ville ne vend pas le bâtiment de la Bourse" est fausse. En réalité, il s'agit d'une aliénation de fait qui interviendra dans un délai plus ou moins long, voire dans 70 ans à l'expiration du bail emphytéotique.
Et, il est difficile de l'envisager autrement car le projet manque de cohérence juridique.
-Sur le plan juridique: Il manque une unité juridique dans le projet avec cette juxtaposition, cette interpénétration d'un bâtiment, soumis à bai (bâtiment actuel de la Bourse) et d'un bâtiment, propriété du titulaire du bail (construit sur des terrains qui seraient vendus par la Ville). A mon avis, la transparence était de mise et le choix d'une solution harmonieuse passait par:
- soit la vente du bâtiment de la Bourse et des terrains derrière (Restait l'opinion publique à convaincre par le dialogue et la concertation)
- soit un bail emphytéotique sur le bâtiment de la Bourse et les terrains derrière ( Et au bout de 70, voire 90 ans, la Ville de Troyes raflait la mise et devenait propriétaire de l'ensemble de l'ilot de la Bourse)
La solution retenue est la plus mauvaise de toutes. Est-ce étonnant ?
Sur les autres problèmes juridiques, je pense que nous aurons l'occasion d'y revenir...... plus longuement.